La quête de sens au travail : aspirations personnelles ou enjeu collectif ?

Aujourd’hui, les salarié(e)s aspirent à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Pour preuve, d’après une enquête intitulée « ce que veulent les candidats » réalisée par le cabinet Robert Half en mars 2023, 1 salarié(e) sur 2 (53 %) se dit plus exigeant sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, depuis la pandémie liée au coronavirus.

Une enquête qui révèle également que 37 % des salarié(e)s interrogé(e)s se disent plus exigeants en ce qui concerne la quête de sens au travail. Effectivement, depuis quelques mois, nous entendons de plus en plus souvent parler de « quête de sens » au travail. Mais qu’est-ce que la quête de sens précisément ? Quel est le rapport des salarié(e)s à la quête de sens ? Quel rôle les entreprises peuvent jouer ?

1 – Qu’est-ce que la quête de sens au travail ?

Pour comprendre le concept de quête de sens au travail, il est nécessaire de s’attarder quelques instants sur la notion de sens. Ici, il est utile d’associer sens et croyance. Effectivement, le sociologue Romain Pudal définit la croyance comme « l’adhésion à des idées, des opinions, des valeurs sans qu’une démonstration rationnelle, empirique ou théorique n’ait conduit à l’élaboration et l’adoption des croyances en question ».

Pour aller plus loin, dans son article, Sens et raisons : Théorie de l’argumentation et sciences humaines, le sociologue Raymond Boudon indique que « lorsqu’il s’agit de croyances largement répandues, on ne peut expliquer l’adhésion d’un acteur de façon causaliste : il faut montrer que ladite croyance fait sens pour l’acteur ».

Dans ce cas, la quête de sens au travail peut donc correspondre à une situation dans laquelle un salarié(e) aspire à quelque chose (un sentiment, un état, etc.) en alignement avec ce qu’il croit.

2 – Des salarié(e)s en quête de sens 

À l’occasion de la Semaine pour la Qualité de Vie au Travail du 20 au 24 juin 2022, une enquête intitulée « les actifs et le sens au travail » a été réalisée par OpinionWay pour l’ANACT (Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail). Il ressort de cette enquête que plus de 8 salarié(e)s sur 10 (84 %) ont le sentiment d’exercer un métier/travail « qui a du sens ».

Dans le détail, les salarié(e)s âgé(e)s de moins de 35 ans sont plus convaincu(e)s du sens de leur métier/travail (91 %) que les salarié(e)s âgé(e)s de plus de 35 ans (81 %).

Pareillement, près de 8 salarié(e)s sur 10 (79 %) âgé(e)s de moins de 35 ans indiquent s’épanouir professionnellement dans leur métier/travail, contre « seulement » 7 salarié(e)s sur 10 (70 %) âgé(e)s de 50 ans et plus.

Enfin, la quête de sens inciterait plus de 4 salarié(e)s sur 10 (43 %) à quitter leur emploi dans les deux ans et 60 % auraient déjà quitté ou pensé à quitter leur travail par manque de sens. La quête de sens au travail est donc un sujet à prendre très au sérieux, notamment par les entreprises. Mais quel rôle peuvent-elles jouer ?

 

 

3 – Quel rôle les entreprises peuvent jouer dans la quête des salarié(e)s ?

Effectivement, les entreprises jouent un rôle essentiel dans la quête de sens des salarié(e)s, dans la mesure où la reconnaissance au travail est souvent liée à la quête de sens. Pour preuve, d’après l’étude réalisée par OpinionWay sur « les actifs et le sens au travail » citée plus haut, les raisons pour lesquelles les salarié(e)s interrogé(e)s, ayant le sentiment que leur travail « n’a pas de sens », sont d’abord le sentiment d’inutilité (18 %) et le manque ou l’absence de reconnaissance (16 %).

Ce qui signifie qu’il est nécessaire que les salarié(e)s comprennent avant tout le rôle qu’ils jouent dans le projet d’une entreprise et l’importance de leur contribution.

À côté de la compréhension des rôles de chacun, la rémunération est également un signe de reconnaissance du travail, puisque, dans le cas notamment d’une augmentation de salaire, l’entreprise reconnaît ici la valeur du travail fourni par le salarié(e). Pourtant, preuve que le sens au travail prend une place de plus en plus significative auprès des salarié(e)s, d’après un baromètre publié par Alan et Harris Interactive, 87 % des personnes interrogées indiquent que trouver du sens au travail rend moins susceptible de démissionner, même contre une meilleure rémunération.

Quoiqu’il en soit, pour que les salarié(e)s se sentent valorisé(e)s, les entreprises doivent mettre en place des initiatives visant à répondre à ce besoin de reconnaissance, essentiel dans la quête de sens des salarié(e)s. En termes d’actions, on peut également citer la mise en place d’une communication transparente et participative ou encore une organisation du travail plus flexible par exemple, qui permettent notamment d’instaurer une relation de confiance entre l’entreprise et le salarié(e).

Enfin, lorsqu’une entreprise s’inscrit dans une démarche RSE (responsabilité sociale/sociétale des entreprises), elle peut également contribuer, d’une certaine façon, à la quête de sens des salarié(e)s, en renforçant par exemple le sentiment de prendre part à un projet ayant un impact positif sur la société.

De ce point de vue, les entreprises ont donc une responsabilité dans la quête de sens des salarié(e)s puisqu’elles se doivent d’intégrer « les préoccupations sociales, environnementales et économiques dans leurs activités et dans leurs interactions avec leurs parties prenantes ». La quête de sens est donc un véritable enjeu collectif, loin de s’arrêter seulement aux aspirations individuelles des salarié(e)s.

Et vous, avez-vous déjà entendu parler de la quête de sens au travail ?

Sources :

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